Mon erreur de débutant avec Kubernetes
Je me souviens de ma première expérience avec Kubernetes. Un collègue m'avait dit : "Si t'as pas K8s, t'es pas crédible en 2024". J'ai donc passé un weekend entier à mettre en place un cluster... pour faire tourner 3 conteneurs. Spoiler : c'était complètement overkill.
Docker et Kubernetes ne sont PAS concurrents. Ils résolvent des problèmes différents. Et croyez-moi, j'ai vu trop d'équipes se tirer une balle dans le pied en adoptant Kubernetes trop tôt. Docker, c'est la plateforme qui vous permet de créer et exécuter des conteneurs. Kubernetes, c'est l'orchestrateur qui gère des centaines ou milliers de ces conteneurs en production. Vous voyez la différence ?
Docker : Simple et efficace
Docker, c'est la technologie qui a tout changé. Avant, pour faire tourner une app en local, il fallait installer PostgreSQL, Redis, Node.js, Python... et prier pour que les versions correspondent. Avec Docker, vous créez un Dockerfile, vous lancez docker-compose up, et boom, tout fonctionne. C'est magique.
Docker vous donne le Docker Engine pour exécuter les conteneurs, un format déclaratif (Dockerfile) pour construire vos images, Docker Hub pour partager vos images publiquement, et Docker Compose pour gérer plusieurs conteneurs ensemble. C'est parfait pour le développement local, les tests, et même pour déployer des petites apps sur un VPS. Et surtout, c'est facile à apprendre. Vous pouvez être opérationnel en une après-midi.
Kubernetes : Le monstre surpuissant
Kubernetes (ou K8s pour les intimes), c'est le système d'orchestration créé par Google. Et c'est une bête de guerre. Auto-scaling selon la charge, redémarrage automatique des conteneurs qui plantent, distribution automatique du trafic, déploiements sans interruption de service, découverte automatique des services, gestion sécurisée des secrets... La liste est longue.
Là où ça devient intéressant, c'est que Kubernetes est conçu pour gérer des centaines ou milliers de conteneurs en production. Si votre app tourne sur 50 serveurs avec 200 microservices, Kubernetes va vous sauver la vie. Si vous avez 3 conteneurs sur un VPS... vous allez juste vous compliquer la vie pour rien. Honnêtement, si vous avez moins de 20 conteneurs en production, Kubernetes est probablement une perte de temps.
Tableau comparatif
| Critère | Docker | Kubernetes |
|---|---|---|
| Objectif principal | Conteneurisation d'applications | Orchestration de conteneurs |
| Complexité | Simple, courbe d'apprentissage courte | Complexe, courbe d'apprentissage longue |
| Cas d'usage | Dev local, petites apps, tests | Production à grande échelle |
| Scalabilité | Manuelle (Docker Swarm pour auto-scale) | Automatique et avancée |
| Haute disponibilité | Limitée | Native et robuste |
| Écosystème | Docker Hub, Compose, Swarm | Helm, Operators, Service Mesh |
Quand Docker suffit largement
Pour votre environnement de développement local, Docker est parfait. Vous isolez les dépendances, vous standardisez l'environnement entre développeurs, et vous évitez le classique "ça marche sur ma machine". Pour des applications simples avec quelques conteneurs sur un ou deux serveurs, Docker Compose fait très bien le job. Vous voulez prototyper rapidement une nouvelle stack technique ? Docker. Vous avez besoin d'exécuter des tests dans des conteneurs éphémères pour votre CI/CD ? Encore Docker.
Prenons un exemple concret : une startup avec une app web classique (frontend React, backend Django, base PostgreSQL, et cache Redis) déployée sur un VPS chez OVH ou DigitalOcean. Docker Compose suffit amplement. Vous créez un docker-compose.yml, et c'est parti. Pas besoin de la complexité de Kubernetes pour ça.
Quand Kubernetes devient indispensable
Kubernetes commence à avoir du sens quand vous avez des dizaines ou centaines de services à gérer en production. Si vous avez besoin d'une haute disponibilité avec zéro downtime, si votre architecture est composée de nombreux microservices interdépendants, si vous voulez ajuster automatiquement vos ressources selon la charge, ou si vous voulez de la portabilité entre différents cloud providers... là, OK, Kubernetes peut valoir le coup.
Mais attention : vous avez aussi besoin d'une équipe DevOps mature qui connaît le sujet. J'ai vu des boîtes se lancer dans Kubernetes sans expertise, et ça s'est mal terminé. Exemple concret où K8s brille : une plateforme e-commerce qui fait face à des pics de trafic saisonniers (Black Friday, soldes). Le scaling automatique de Kubernetes permet de gérer ces pics sans intervention manuelle, puis de réduire les ressources quand le trafic redescend. Ça, c'est puissant.
Docker ET Kubernetes : Comment ils fonctionnent ensemble
En production, Docker et Kubernetes travaillent ensemble :
- Développement : Les développeurs créent des images Docker avec des Dockerfiles
- Build : Les images sont construites et poussées vers un registre (Docker Hub, GCR, ECR)
- Déploiement : Kubernetes tire ces images et orchestre leur exécution
- Runtime : Kubernetes utilise un runtime de conteneurs (containerd, CRI-O) pour exécuter les conteneurs
Alternatives à considérer
Il existe aussi des solutions intermédiaires :
- Docker Swarm : Orchestration native de Docker, plus simple que Kubernetes mais moins puissante
- Nomad (HashiCorp) : Orchestrateur plus simple que Kubernetes
- Services cloud managés : AWS ECS/Fargate, Google Cloud Run, Azure Container Instances
Mon conseil : Commencez simple
Posez-vous la vraie question : "Ai-je besoin d'orchestration ?" Pour le développement local et les petites applications, Docker suffit largement. Pour la production à grande échelle avec de vrais besoins de scaling et haute disponibilité, Kubernetes + Docker. Si vous êtes entre les deux, regardez du côté de Docker Swarm ou des solutions cloud managées comme AWS ECS, Google Cloud Run, ou Azure Container Instances.
La meilleure technologie est celle qui répond à vos besoins sans complexité inutile. J'ai vu trop de startups perdre des mois à mettre en place Kubernetes alors qu'elles auraient pu lancer leur produit avec Docker Compose en une semaine. Commencez simple. Vous pourrez toujours évoluer vers Kubernetes plus tard, quand le besoin sera réel. Et croyez-moi, vous le saurez quand ce moment arrivera.